Église San Giovanni in Bragora
Église où Antonio Vivaldi fut baptisé en 1678, connue pour son Baptême du Christ de Cima da Conegliano au-dessus du maître-autel.
San Giovanni in Bragora, l’église du baptême de Vivaldi
Sur le Campo Bandiera e Moro, à quelques pas de la Riva degli Schiavoni, l’église San Giovanni in Bragora présente une sobre façade de brique caractéristique du gothique tardif vénitien. L’édifice actuel est principalement issu de la reconstruction menée entre 1475 et 1505, mais ses origines sont bien plus anciennes : la tradition fait remonter sa fondation au VIIIe siècle, tandis que le premier document connu attestant son existence date de 1090. Une reconstruction est encore signalée à partir de 1178.
La grande campagne de la fin du XVe siècle fut favorisée par le pontificat de Pietro Barbo, devenu pape sous le nom de Paul II en 1464 et né dans cette paroisse. L’église conserva son plan basilical à trois nefs, tandis que l’intérieur fut ensuite remanié, surtout entre la fin du XVIe et le XVIIIe siècle : le chœur fut supprimé, le presbytère transformé et le maître-autel refait à la fin du XVIIe siècle.
Le principal chef-d’œuvre est le Baptême du Christ de Cima da Conegliano, peint vers 1494 et toujours placé dans le presbytère. Il compte parmi les plus anciennes grandes peintures d’autel vénitiennes encore conservées dans leur emplacement d’origine. L’église abrite aussi des œuvres d’Alvise Vivarini, de Bartolomeo Vivarini et de Palma le Jeune. Une chapelle construite en 1481 conserve les reliques de saint Jean l’Aumônier, patriarche d’Alexandrie, arrivées à Venise au XIIIe siècle ; son décor ancien comprend notamment un Christ bénissant d’Alvise Vivarini.
Ce lien place San Giovanni in Bragora parmi les principaux lieux vivaldiens de Venise, avec l’Ospedale della Pietà, où le futur « prêtre roux » enseigna le violon et composa une partie importante de son œuvre. L’église reste toutefois d’abord un lieu de culte et un remarquable ensemble d’art religieux, moins fréquenté que les grands monuments voisins de San Marco.
L’origine du nom « Bragora » demeure incertaine. Plusieurs hypothèses ont été proposées, notamment un lien avec un ancien espace de marché ou avec la nature autrefois humide et lagunaire du secteur. Faute d’étymologie assurée, mieux vaut y voir le vestige d’un toponyme très ancien, antérieur à la densification de cette partie de Castello.
Sources et infos complémentaires
Chorus Venezia - San Giovanni Battista in Bragora ; Save Venice - Fonts baptismaux de San Giovanni in Bragora ; Chorus Venezia - Chapelle de saint Jean l’Aumônier ; San Giovanni Battista in Bragora - site de l’église.