Église San Giorgio dei Greci
Église orthodoxe grecque au campanile visiblement penché, siège de l'archidiocèse orthodoxe d'Italie et de Malte, avec son musée des icônes voisin.
San Giorgio dei Greci, l’église orthodoxe au campanile penché
Campanile de
San Giorgio dei Greci
Le long du rio dei Greci, dans le sestiere de Castello, l’église San Giorgio dei Greci constitue le principal témoignage monumental de l’ancienne communauté grecque orthodoxe de Venise. Présente dans la cité depuis le Moyen Âge, celle-ci s’étoffe fortement après la chute de Constantinople en 1453, avec l’arrivée de réfugiés, de marchands et de lettrés venus du monde grec. Après des décennies de démarches auprès des autorités vénitiennes et pontificales, la communauté peut enfin édifier son propre sanctuaire. Les travaux s’étendent de 1536 à 1577 sous la direction de Sante Lombardo puis de Zuanantonio Chiona ; Andrea Palladio intervient également pour la partie de l’église réservée aux femmes.
Aujourd’hui église cathédrale de l’Archidiocèse orthodoxe d’Italie et de l’Exarchat pour l’Europe méridionale, San Giorgio dei Greci conserve un décor qui affirme son identité byzantine dans une ville de tradition catholique latine. L’iconostase et les nombreuses icônes comptent parmi les éléments majeurs de la visite. Certaines furent apportées par des réfugiés de Constantinople ; d’autres sont dues à des peintres grecs renommés, notamment Michele Damaskinos, Emmanuel Tzanès et Thomas Bathas. Le décor de la coupole fut confié à Giovanni di Cipro sous la supervision de Tintoret, avec l’exigence de respecter la maniera greca, la tradition iconographique grecque.
Le Campo dei Greci forme autour de l’église un ensemble culturel grec particulièrement cohérent. L’ancien collège Flanginien, fondé au XVIIe siècle pour former de jeunes Grecs, abrite aujourd’hui l’Institut hellénique d’études byzantines et postbyzantines. Le musée des Icônes occupe en revanche la Scoletta di San Nicolò voisine, ancien siège de la confrérie et de son hôpital. Il conserve des œuvres byzantines et postbyzantines, ainsi que des manuscrits, documents et objets liturgiques liés à l’histoire des Grecs de Venise.
L’obtention d’un sanctuaire propre fut longue. Dès 1410, les Grecs purent célébrer leur rite dans l’église catholique San Biagio, mais leur situation resta précaire : une autorisation accordée en 1456 pour construire une église orthodoxe fut révoquée l’année suivante. En 1498, ils obtinrent la reconnaissance de leur confrérie, la Scuola di San Nicolò dei Greci, puis en 1514 l’autorisation d’acquérir un terrain pour édifier une église dédiée à saint Georges. San Giorgio dei Greci apparaît ainsi comme l’aboutissement de plus d’un siècle de négociations et l’un des principaux symboles de la présence grecque à Venise.
Sources et infos complémentaires
Institut hellénique d’études byzantines et postbyzantines - église et monuments historiques ; Institut hellénique - histoire de la communauté grecque de Venise ; Institut hellénique - musée des Icônes ; Archidiocèse orthodoxe d’Italie - San Giorgio dei Greci.