Campanile de Saint-Marc

Haut de 98,6 mètres au centre de la place Saint-Marc, le Campanile domine Venise depuis plus de mille ans. Reconstruit à l'identique après son effondrement de 1902, il reste le meilleur point de vue sur la ville et la lagune.

Le Campanile de Saint-Marc, sentinelle de la lagune

Isolé au centre de la place Saint-Marc, à l'écart de la basilique et du palais des Doges, le Campanile domine Venise de ses 98,6 mètres. Sa silhouette de brique, coiffée d'une flèche pyramidale et d'un ange doré tournant au vent, sert depuis des siècles de repère aux marins comme aux visiteurs : on l'aperçoit de loin, bien avant de distinguer le reste de la ville.

La tour actuelle prolonge un édifice bien plus ancien. Dès le IXe siècle, sous le dogat de Pietro Tribuno, une première tour de guet s'élève à cet emplacement, remaniée à plusieurs reprises jusqu'à prendre au XIIe siècle l'essentiel de sa forme définitive : un fût de brique carré surmonté d'une loggia de marbre et d'une flèche. Pendant près de mille ans, le Campanile sert à la fois de clocher, de tour de guet sur le bassin de Saint-Marc et de phare pour les navires entrant dans la lagune.

Cinq cloches historiques rythmaient autrefois la vie civile et religieuse de la République : la Marangona sonnait le début et la fin de la journée de travail, la Trottiera convoquait les membres du Grand Conseil, la Mezza Terza annonçait les séances du Sénat, la Nona sonnait midi, et la Renghiera, dite aussi la Maleficio, accompagnait les exécutions capitales annoncées entre les deux colonnes de la Piazzetta.

L'effondrement de 1902 et la reconstruction à l'identique

Le 14 juillet 1902, à 9h53, le Campanile s'effondre brutalement sur lui-même, fragilisé par des travaux menés dans ses fondations. L'écroulement, spectaculaire, ne fait aucune victime : la place avait été évacuée quelques instants plus tôt, les premiers signes de fissures ayant alerté les Vénitiens. Seule la Loggetta de Sansovino, adossée à sa base, est endommagée.

Le conseil municipal décide dès le lendemain de reconstruire la tour « dov'era e com'era » (« où elle était et comme elle était »), reproduisant fidèlement l'apparence de l'édifice disparu tout en le dotant d'une structure interne en béton armé, plus résistante. Conçue par l'architecte Gaetano Moretti, la nouvelle tour est achevée en 1912 et inaugurée le 25 avril, jour de la Saint-Marc, exactement mille ans après la construction de la première tour.

Ce que révèle le sommet

Un ascenseur, installé dès la reconstruction, conduit les visiteurs à la loggia sommitale, seul moyen d'accéder rapidement à un point de vue élevé sur le centre historique. Depuis la balustrade, le panorama embrasse la place Saint-Marc et ses arcades, les coupoles de la basilique vues de haut, le palais des Doges, le bassin de Saint-Marc et l'île de San Giorgio Maggiore, la Giudecca, et par temps clair les reliefs des Alpes et des Dolomites à l'horizon.

Le Campanile reste aujourd'hui le point culminant du centre historique de Venise, seul édifice dont la hauteur ait été jugée compatible avec la stabilité précaire des sols lagunaires — une exception que la ville n'a jamais renouvelée.

Sources et infos complémentaires

Basilique et Campanile de Saint-Marc - billetterie officielle ; Wikipédia - Campanile de Saint-Marc.

Carte et itinéraire

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