La République de Venise et son expansion

IV - HISTOIRE
La grande expansion de la république de Venise en méditerranée et terrestre : XI au XVe siècles, le commerce, la république maritime, et la conquête terrestre.

Drapeau de la République de Venise
Drapeau de la République de Venise

Commerce et expansion en mer adriatique

Au bas moyen âge, Venise devient extrêmement riche grâce au contrôle du commerce avec l'orient. Elle commence à s'étendre en Mer Adriatique et au-delà.
Cette phase d'expansion débute en l'an 1000. La flotte guidée par le doge Pietro II Orseolo pour combattre les pirates dont les incursions opprimaient les côtes vénitiennes, reçut la soumission des villes côtières d'Istrie et de Dalmatie. L'empereur byzantin reconnut ensuite les titres vénitiens sur ces duchés.

En 1071, une bataille opposa Grégoire VII et Henri IV. Mais Venise en restant fidèle à sa politique d'équilibre entre les grandes puissances, ne pris parti ni pour le Pape ni pour l'empereur.
Au sud de l'Italie, les Normands sont devenus les vrais protagonistes.

Les Vénitiens ont tout d'abord engagé de bons rapports avec les Hauteville de Normandie; jusqu'à ce que ces derniers commencent à intervenir en Adriatique.

L'occupation normande de Durazzo et de Corfù poussa les Vénitiens à l'action militaire. La guerre dura plus de deux ans et aussi bien sur mer que sur terre, les combats furent défavorables à l'alliance Vénéto-byzantine.
Cependant la mort de Robert Guiscard démotiva son armée qui abandonna ses positions pour revenir dans les Pouilles.

Avec la disparition normande de la région, Venise réussit à obtenir de Constantinople ce qu'elle désirait.
Dans le "crisobolo" (ou la bulle d'or) de mai de 1082, l'Empereur d'Orient concède à son grand marchand des privilèges et exemptions de taxes dans tout l'empire. Cette concession fut renouvelée plusieurs fois et fut ensuite étendue par d'autres actes ; dans lesquels dans un premier temps les empereurs récompensèrent Venise, et ensuite payèrent le soutien naval de leurs anciens sujets.

L'état de la Mer : la République Maritime de Venise

La puissance vénitienne rencontra une période de stagnation, favorisant l'expansion commerciale de Gênes en Orient.

Venise ne fit pas non plus beaucoup d'efforts pour aider les Byzantins lors des trois premières croisades. A la première croisade, elle aida à la prise de Jérusalem mais ne participa pas à la deuxième, pas plus à la troisième qui procura pourtant d'importants avantages commerciaux à ses rivales Pise et Gênes.

En 1148 fut institutée le « Promissio Ducale » (la promesse ducale), serment de fidélité constitutionnelle des Doges, prononcé à chaque nouvelle élection, mais qui limita progressivement les pouvoirs du prince en posant les bases du développement des autres institutions républicaines.

Sous le doge Enrico Dandolo, la flotte vénitienne fut déterminante au cours du sac de Constantinople lors de la quatrième croisade en 1204.
Cette croisade entraina la chute de l'empire Byzantin et engendra l'Empire Latin d'Orient dont les formes institutionnelles étaient celles de la féodalité occidentale.

Carte des états de la République de Venise
Carte des états de la République de Venise

Les territoires du feu Empire byzantin furent divisés en quatre, entre l'Empereur Baldovino de Fiandra, le Marquis du Monferrato, les princes et les barons francs et la très sérénissime. Venise y gagna beaucoup de territoires en Mer Égée, dont la Crête, l'île d'Eubée, et de nombreux ports et forteresses du Péloponnèse, en plus d'une position prééminente dans l'éphémère Empire Latin créé par les croisés. Le doge vénitien avait le titre de Seigneur sur une partie de l'Empire Romain d'Orient. Et au-delà, il avait le pouvoir de nommer le Patriarche latin de Constantinople.

En 1297 le « Grand Conseil » le Maggior consiglio, ouvre à de nouvelles familles l'accès au gouvernement. Les institutions vénitiennes prennent leur forme définitive de République oligarchique.

La République s'étendit encore lors des siècles qui suivirent, même après la reconstitution de l'Empire Byzantin, sur beaucoup d'îles et de territoires de l'Adriatique et de la Mer Méditerranée.

Elle acquit désormais pour des siècles presque toutes les côtes orientales de l'Adriatique (connu sous le nom de "Golfe de Venise"), mais aussi la Crète ("Candia" pour les vénitiens) et Chypre, une grande partie des îles grecques et du Péloponnèse ("Morea" pour les vénitiens).

Ce vaste territoire insulaire et côtier fut appelé par les vénitiens l'État de la Mer, en opposition aux dominations terrestres.

L'expansion terrestre de Venise

Pendant des siècles la République était un état composé d'îles et de côtes, appelé par les vénitiens "État de Màr", l'Etat de la Mer.

Les incursions dans les zones de l'arrière-pays lagunaire restèrent très limités. Ces régions restèrent vouées à la protection, amenagées en repères défensifs contre l'expansion des villes comme Padoue et Trévise.

A l'entame du XVè siècle, les vénitiens commencèrent toutefois à s'étendre considérablement dans l'entre-terre pour contrer la menaçante expansion de Gian Galeazzo Visconti, duc de Milan depuis 1395. 

Carte de la province de la République de Venise en 1819
Carte de la province de la République de Venise en 1819

En 1410, Venise avait déjà conquis une grande partie de la Vénétie, dont d'importantes villes comme Vérone et Padoue. La République pris possession d'un territoire équivalent à celui de la Xe province de la péninsule italique sous l'empereur romain Auguste (Vénétie et Istrie).

En 1428, Venise s'empare des villes lombardes de de Bergame, de Brescia et de Crema. Lors de ces campagnes militaires, un rôle important fut joué par le condottiero Bartolomeo Colleoni.
En 1489 l'île de Chypre qui était un état croisé fut annexée, cédée par sa dernière souveraine, la vénitienne Caterina Cornaro.

En 1495 Venise réussit à expulser Charles VIII de l'Italie grâce à la bataille de Fornovo, repoussant le premier d'une série d'assauts français.

Au début du XVIe siècle et pour quelques temps, Crémone, Forlì, Cesena, Monopoli, furent aussi sous la domination de Venise.

Venise entra en conflit avec l'État Pontifical pour le contrôle de la Romagne.
En 1508 la Ligue de Cambrai fut formée contre Venise, unifiant le Pape, le Roi de France, l'Empereur du Saint Empire Romain Germanique et le Roi d'Aragon.

Même si en 1509 les français furent victorieux à la bataille d'Agnadello, les armées de la ligue durent s'arrêter aux marges de la lagune. La coalition se brisa rapidement et Venise se retrouva sauve sans avoir subit de graves pertes territoriales. Cependant la flotte fut presque intégralement détruite à la bataille de Polesella à la fin 1509, sous le feu de l'artillerie de la maison d'Este, désormais seule à faire face à Venise.

La République dut renoncer à exercer sa pression politique sur le petit duché mais les frontières furent ramenées à celles de la fin de la guerre du Sel de 1484.

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